vrout a écrit:
Hello
Est-ce que l'un de vous peut m'expliquer ce qui se passe dans le cas d'un krach obligataire ?
Que se passe-t-il pour le type qui a de "l'assurance vie fond euros" qui est si j'ai bien compris principalement de l'emprunt d'état (un portefeuille d'emprunt de plusieurs pays ?)
Il y a plusieurs scénarios mais qui, e définitive, mènent tous au même résultat dès lors que la confiance se perd. Je m'explique :
Il faut distinguer 3 cas (tous en train de se passer actuellement) :
- Les pays qui augmentent leur taux volontairement pour offrir un meilleur rendement et donc attirer les investisseurs (c'est un peu une forme de concurrence déloyale). C'est le cas, par exemple de la France par rapport à l'Allemagne. Il s'agit de 2 pays avec la même notation, considérés comme "équivalents" (même solidité etc...).
Les taux offerts par la France sont légèrement plus élevés que ceux de l’Allemagne et donc, des pays comme la Chine, par exemple, préfèrent généralement se tourner vers les pays à faible risque (ou jugés comme tels) et de meilleurs rendements.
Cependant, c'est un jeu dangereux car, non seulement "on se fait des ennemis" mais vis à vis de l'opinion, des agences de notation etc... on devient aussi en première ligne au cas où la conjoncture viendrait à se dégrader brutalement.
En plus, pour jouer ce jeu, il faut être certain d'avoir un contrôle de la situation. Quand on "laisse filer" ses taux, bien malin qui peut dire si on sera capable de revenir en arrière ou même simplement de les stabiliser.
Un autre risque est celui de "décevoir" et/ou de perdre certains investisseurs traditionnels ou de longue date car les obligations émises antérieurement sont un taux inférieur à celui du marché actuel. Ceux-ci pourraient alors se sentir "trahis" et se tourner sur d'autres pays ou demander à renégocier leurs taux (ce qui revient au risque ci-dessus, de perte de contrôle de la situation)
Ceci dit, dans cet exemple, la France peut se permettre (enfin...on peut l'estimer) de jouer à ce jeu parce que traditionnellement, la croissance de la France est faible : ...2%...(et n'a pas vraiment besoin de plus) alors que l'Allemagne a besoin d'au moins 4...5% ! Si l'Allemagne rentrait dans ce jeu, les risques de perdre la maîtrise de ses taux serait élevé et la confiance dans le pays, rapidement "mise à mal" ...ce qui enclencherait un processus identique (hausse des taux), mais cette fois, non volontaire !
Ensuite, il y a les pays qui font l'inverse : Pousser les taux vers le bas.
Ce sont les pays comme le RU ou les USA dont la survie dépend (quasi) uniquement de la confiance que les investisseurs veulent bien leur accorder. Ces pays ne sont pas solides économiquement et/ou socialement etc... et donc, cette confiance ne peut venir que de "l'opinion générale", de la ré^putation du pays et/ou de la perception que peuvent avoir ces investisseurs sur le potentiel volontaire qu'ont ces pays à s'en sortir.
- Les USA, par exemple, poussent leur taux vers le bas pour prouver qu'ils n'ont pas besoin de ...faire l'inverse (bien qu'en réalité, c'est parce que ils n'en sont pas capables).
Pour cela, ils rachètent leurs propres émissions (par l'intermédiaire de quelques grandes banques) et pour cela, ils émettent de grandes quantités de liquidités (QE...).
Le risque est très grand à plusieurs niveaux : Socialement de perdre le contrôle sur l'
inflation (positive comme négative)....économiquement de perdre le contrôle sur la monnaie etc .... C'est ce qui est en train de se passer et qui risque d’entraîner très rapidement le pays dans une vrille infernale !
- Le RU, lui a choisi l'autre option qui consiste à démontrer que sa volonté de s'en sortir est très forte (bien que le RU émettent aussi parallèlement de grandes quantités de liquidités !)
Dans le cas de ces pays, la moindre perte de confiance même "minime" (sous les 50%), se traduirait immédiatement par une hausse obligée des taux (pour tenter de ramener les investisseurs) ...qui se traduirait par une perte de confiance ....qui se traduirait par une hausse des taux ....
- Enfin, il y a le cas des états qui ne gèrent "plus rien" !
C'est le cas des états comme 80% des états américains ou de pays comme la Grèce, l'Irlande; le Portugal....
Les taux de ces états sont majoritairement déterminés par la spéculation sur la dette (CDS...) et deviennent donc quasi "indépendants" de ces pays (de leur potentiel, richesses etc....).
Ca ne veut pas dire pour autant que ces pays sont forcément "pires que les autres", plus à risque ou autre ...mais que leur situation, à un moment donné, permet aux investisseurs de "rentrer par la faille".
Ca a toujours existé mais en "temps normal", ce n'est pas le genre de cible qu'on privilégie.
En ce moment, ces pays (notamment Européens), sont plus des boucs émissaires et des "arbres qui servent à cacher la forêt" pour détourner les prédateurs de forêts beaucoup plus "giboyeuses" !
Ils sont aussi (et contrairement à ce qu'on peut entendre), vus relativement solides car soutenus par une monnaie du premier PIB mondial et par une volonté de solidarité (on va dire ça comme ça).
C'est donc "d'une pierre 2 coups" : On achète de la "bonne" dette mais à des taux élevés !
C'est aussi d'une pierre 2 coups pour ceux qui le font dans le sens où, pendant ce temps, on n'achète pas les dettes d'états (vraiment) peu solides (comme la Californie etc...), les poussant du même coup à être obligés d'augmenter volontairement leurs taux, s'affaiblir par des politiques drastiques de "plans sociaux" etc... sur lesquels il sera facile de venir dans quelques ??? (mois, années ou...semaines) pour les "manger tout crus" !
Donc, pour répondre à la question ...
Ca dépend de la composition des produits (assurances-vies, OPCVM....) et de la confiance ou de l'idée que l'on se fait de la "solidité" des pays, états...qui "garantissent" les produits de composition !
Maintenant, il est certain que si une bulle obligataire éclate, les conséquences seront diverses et pas forcément celles attendues !
Tous les produits qui seront concernés directement par cette bulle qui explosera, souffriront (euphémisme !) sans compter le "bank run" qui s'en suivra pour retirer au mieux et au plus vite, ses billes et qui fera accentuer le phénomène.
Le problème du marché obligataire, c'est qu'il est très sensible et ne va que dans un seul sens.
Les actions montent, descendent... le marché obligataire ne peut être lui que forcément et obligatoirement haussier (je parle de son trend). Un simple retournement de tendance suffirait à le faire basculer ...et en ce moment, la tempête souffle très fort et de plus en plus fort du mauvais côté !
L'autre problème est que la marché obligataire est très "imbriqué". Il est fort peu probable, qu'en cas d'explosion d'une bulle, même "petite" (par exemple, les "Munis" sont TRES TRES menaçants depuis quelques semaines/mois...), le reste du marché se contente de regarder !
Bien sûr, ce qui est vrai pour les obligations d'états, l'est aussi pour les corporates et les autres obligations (locales, municipales etc...)
En 2009, S&P a lancé "en urgence", un indice pondéré pour mesurer la performance du marché des obligations d'états européens : l'EGBI (S & P Eurozone Government Bond Index).
Il passe (à tort ou à raison) pour être le plus "représentatif" ...
Il existe des indices obligataires pour à peu près tous les états (les X?B... au Canada ou Vanguard au RU ...par exemple) ...sauf aux USA où ils ne sont plus mis à jour ou plus publiés !