Hermes a écrit:
Historiquement ça a été testé...
C'est la
déflation Laval.
A l'époque on avait accroché Franc et Or (Parité fixe).
Comme aujourd'hui les pays ont accroché leur monnaie à l'euro (Parité fixe aussi).
Dans un cadre rigide comme celui des années 30 (Parité monnaie-or), pour retrouver de la compétitivité, les gens ont essayé d'imposer des dévaluations internes (France, RU, Belgique etc).
Les pays ont ensuite abandonné ces politiques les uns après les autres. Echec total.
On essaye de refaire la même chose aujourd'hui. Et on arrivera encore à un échec total.
C'est sans doute un ebonne idée sur le papier, dans la réalité ça ne fonctionne pas.
En science, lorsque la thèorie ne colle pas au réel, on n'essaye pas de changer le réel. On change la thèorie.
Non, je ne suis pas d'accord. J'aurais été d'accord fin 2008 ou en 2009. Mais pas en 2011.
- Mener des politiques d'austérité en pleine récession mondiale aurait été contre-productif bien entendu. Mais ce n'est pas ce qu'on a fait: on a laissé les déficits budgétaires filer lorsque tout allait mal, fin 2008 et en 2009. On a stabilisé les déficits en 2010, quand la reprise a commencé. Aujourd'hui, alors que l'économie de la zone Euro dans son ensemble ne se porte pas si mal que cela, on commence à vraiment réduire les déficits. Dans les pays qui se portent plus ou moins bien, les réductions de déficit ne semblent pas avoir trop d'impact sur la reprise (exemples: Allemagne, Belgique, France, Hollande, etc).
- La Grèce, l'Irlande et le Portugal sont assez insignifiants par rapport à l'ensemble de zone Euro: à peu près 5% du PIB de la zone Euro. Ces pays ont perdu l'accès aux marchés financiers, ce qui indique tout de même l'urgence de la situation. Les accords avec le trio EU/ECB/FMI prévoient des réductions de déficit budgétaire de 1.5% à 2% par an. Moi, je ne trouve pas cela si exigeant que cela.
- La parité-or que la France et d'autres ont maintenu dans les années 30 était devenu intenable parce que d'autres pays ont fait des dévaluations compétitives, à commencer par le RU en 1931 je crois. Bien entendu, il n'y a pas eu de dévaluation compétitive au sein de la zone Euro. Et l'Euro lui-même ne s'est guère apprécié par rapport au reste du monde (ne pas se fixer uniquement sur le dollar SVP!).
- De plus, il me semble que la parité-or forçait à mener des politiques monétaires restrictives (pas sûr - à checker). Aujourd'hui, la BCE mène une politique monétaire plutôt accommodante (pas autant que la
Fed, mais tout de même accommodante).
- Finalement, il ne faut pas oublier la progression générale du protectionnisme dans les années 30, ce qui n'a probablement pas arrangé les choses. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
Donc, je ne suis pas d'accord pour dire que le programme de sauvetage de la Grèce ne marchera pas parce que la situation est similaire aux années 30. La situation n'est pas similaire: les problèmes de la Grèce, c'est un problème relativement circonscrit.
Pour moi, la Grèce a mené son "modèle" social-économique débile à son terme logique. Le modèle: populisme, expansion de l'état par clientélisme, bureaucratie infernale pour maintenir les rentes multiples, corruption, et finalement étouffement de l'économie marchande. La seule chose qui permettait à la Grèce de garder les apparences d'une économie normale, c'était de s'endetter de plus en plus. Le modèle a fait ce qu'il devait faire inévitablement: il est rentré dans le mur. Quoi qu'on fasse maintenant, il faudra trancher dans le vif.