... c'est la thèse soutenue sans détour par Econoclaste-Alexandre ce mois-ci :
Le jeu dangereux de la Banque Centrale EuropéenneBlog Econoclaste | Alexandre Delaigue | 22.11.2011 |
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On ne peut comprendre l'action de la BCE qu'en comprenant qu'elle agit en acteur politique, et pas en agent technique. [...] Elle est aujourd'hui engagée dans un bras de fer avec les gouvernements nationaux, dont l'enjeu est l'architecture institutionnelle de la zone euro à l'avenir. Dans ce but, elle mène une stratégie du bord du gouffre : s'approcher de la catastrophe pour obtenir ce qu'elle veut.
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Pour tout le monde, en ce moment, l'Europe est sous la dictature des marchés, de leurs attaques spéculatives qui obligent à mettre des séides de la pieuvre Goldman Sachs aux commandes. Mais plutôt que se focaliser sur le méchant commode de service, quitte à déformer la réalité (Papademos n'a jamais travaillé pour GS, contrairement à ce qu'on lit partout) on ferait mieux de constater que Draghi, Monti, et Papademos, sont avant tout des technocrates européens...
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La BCE pourrait arrêter la panique des marchés en un instant, en imposant un plancher inconditionnel aux dettes publiques, mais ne le fait pas : elle n'accordera son soutien que lorsque que ses demandes d'action de la part des gouvernements européens auront suffisamment de chances d'être satisfaites. C'est à dire, une intégration européenne fédérale faite à ses conditions, et une perte drastique d'autonomie des gouvernements nationaux.
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Et maintenant, c'est la France qui est dans le collimateur. Précisément, c'est la conception gaulliste de l'Europe, défendue par Chirac puis Sarkozy: celle d'une Europe gouvernée par les chefs d'Etat, au premier rang desquels, bien évidemment, la France.
L'auteur est habituellement peu adepte des théories complotistes, les jugeant généralement peu vraisemblables économiquement. Mais ici, l'argument fait sens, y compris dans un cadre théorique tout à fait standard de la microéconomie.
On peut mettre en lumière l'argument développé en relisant la fin de cet autre article :
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Le trilemme de Rodrik est le suivant. Il est impossible d'avoir simultanément :
- une intégration économique et financière poussée (libre échange, flux de capitaux ouverts, monnaie unique, etc)
- des états-nations souverains
- la démocratie
Il n'est possible d'en avoir que deux sur les trois. On peut rapidement l'expliquer ainsi : l'intégration économique impose une compétition entre les États qui limite leur capacité à adopter les politiques interventionnistes que souhaitent les populations. Le gouvernement peut alors soit décider d'ignorer la volonté des habitants, et préserver au passage sa liberté de choix; soit décider d'abandonner sa souveraineté et de transférer les aspirations démocratiques à des instances supranationales.
http://econoclaste.org.free.fr/dotclear ... vivra-t-ilCe qui veut dire que tant que demeurent les démocraties, il ne peut y avoir que 2 issues à la crise européenne :
o recul de l'intégration économique européenne
o ou perte de souveraineté ou profit d'une institution intégrée européenne
Les gouvernements cherchent chacun à maintenir des politiques économiques différenciées selon leur situation, tandis que la BCE est au contraire favorable à un renforcement de l'intégration européenne.
Or dans la bataille financière actuelle, seule la BCE dispose de l'arme atomique monétaire ...