L'Irlande est le premier pays européen a avoir recouru à des mesures FMI-type (sans intervention de ce dernier), dès avril 2009, un an avant la Grèce.
La dette publique reste à un niveau plutôt faible,
64,5% du PIB fin 2009., mais l'Irlande est un pays à faible imposition, rendant la charge de sa dette plus lourde qu'elle ne semble. Le problème vient aussi du déficit public:
http://www.lesechos.fr/info/inter/300424919.htmSoit,
en chiffres:
o 12,7 myards d'euros de déficit en 2008,
o 24,6 myards d'euros de déficit en 2009.
Le pays a aussi fait face à une crise de son secteur bancaire, ce qui l'a amené à lancer un
plan de sauvetage dès octobre 2008. A l'origine conçu comme une garantie de dépôt, le plan s'est finalement mué en une nationalisation des établissements les plus touchés:
Irlande : 81 milliards d'euros pour sauver ses banquesLe Figaro | Hayat Gazzane | le 31/03/2010
Citer:
[Le] gouvernement s'apprête en effet à mener une réforme bancaire consistant à débarrasser le système de 81 milliards d'euros d'actifs toxiques [...].
Pour mener à bien ce projet, le gouvernement a créé la National Asset Management Agency (NAMA), une banque créée pour racheter leurs actifs pourris
[...]
Le ministre des Finances, Brian Lenihan a d'ores et déjà annoncé que l'Etat irlandais allait recapitaliser la banque Anglo Irish Bank, qu'il a déjà nationalisée l'année dernière, à hauteur de 8,3 milliards d'euros.
Vague de nationalisation
Le gouvernement a également prévu d'aider Allied Irish Banks et Bank of Ireland à se recapitaliser, après avoir apporté à chacune des deux banques, 3,5 milliards d'euros. Il devrait devenir l'actionnaire majoritaire d'AIB avec 70 % du capital, et rester actionnaire minoritaire de BofI, avec 40% du capital. [...]
Enfin, le gouvernement va également recapitaliser deux établissements de crédit mutualiste, l'Irish Nationwide et l'EBS, ce qui va conduire à leur nationalisation complète, a ajouté M. Lenihan.
Forcément, ce genre de mesure grève quelque peu les finances publiques déjà mal en point, ce qui va plomber le plan d'austérité mis en place au printemps 2009:
En Irlande, la cure d’austérité dureCourrier international | source: The WSJ | Neil Shah | le 25/03/2010
Citer:
Enseignants et policiers ont perdu près de 15 % de leurs salaires bruts, cela avant déduction des nouveaux impôts applicables à l’ensemble des contribuables. Le gouvernement a également réduit les prestations sociales
[...]
Jusqu’à présent, le gouvernement a refusé de relever l’impôt sur les sociétés – à 12,5 %, c’est l’un des plus bas d’Europe.
[...]
Au printemps 2009, [le gouvernement] a instauré des impôts spéciaux sur le revenu de tous les habitants [
ponction moyenne d’environ 4 % de l’ensemble des revenus, et de 2 % au niveau du salaire minimum (300 euros de ponction pour un revenu annuel de 15 000 euros) à 9 % pour les revenus les plus élevés selon Piketty]. Puis, en décembre, il a prélevé 5 % sur les 30 000 premiers euros de la rémunération des fonctionnaires et 7,5 % sur tous les salaires entre 30 000 et 70 000 euros. Les 55 000 euros suivants ont été amputés de 10 %.
Les salaires des ministres ont également été réduits de 15%.Enfin bref, toutes ces mesures allant dans le sens voulu par les marchés financiers, l'Irlande a réussi jusqu'ici à se emprunter à des taux corrects, malgré la dégradation de sa note par les agences de notation. La dernière en date est celle de Standard and Poor's:
L'Irlande déclassée par Standard and Poor's pour la troisième foisLes Echos | Catherine Châtignoux | le 25/08/2010
Citer:
Selon S&P, les sommes consacrées au total par le gouvernement au soutien des banques devraient atteindre 90 milliards d'euros (soit 58 % du PIB) plutôt que 80 milliards. Sur ce nouveau total, 50 milliards au lieu de 35 seraient consacrés à la recapitalisation des institutions financières du pays, tandis que 40 milliards seraient nécessaires au rachat - par la structure de défaisance mise en place (NAMA) -des créances bancaires douteuses. « Nous pensons que le soutien de l'Etat au secteur bancaire représente un poids budgétaire considérable et croissant qui, à notre avis, sera long à réduire », conclut l'agence de notation.
[...]
A l'origine de l'inquiétude de l'agence américaine, le troisième renflouement de l'Anglo Irish Bank. Le 10 août, la Commission européenne, chargée du respect des règles de la concurrence en Europe a autorisé une recapitalisation d'urgence de cette banque à hauteur de 8,6 milliards d'euros, montant qui pourrait être porté à 10,1 milliards.
[...]
« Nos dernières projections suggèrent que la dette publique de l'Irlande va augmenter à 113 % du PIB en 2012 », précise l'agence.
La
dernière émission d'obligations s'est bien passée à la mi-août, avec un taux à 10ans à 5,386%, mais cette nouvelle dégradation pourrait accompagner le basculement de tendance. Les marchés semblaient en effet avoir jusqu'ici été indulgents avec l'Irlande, en raison de la
« politique dynamique et transparente [du gouvernement irlandais] pour gérer les difficultés du secteur financier », c'est à dire la volonté politique pro-austérité (en matière de comptes publics la transparence ne serait pas si évidente que cela).
Mais
le sauvetage des banques est très onéreux alors que les perspectives restent mauvaises, en témoigne la
prévision de suppression de 4000 emplois dans le secteur financier au cours des 12 prochains mois. Il se pourrait que cette émission d'obligation à 10 ans soit la dernière avant un moment.
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