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Pourquoi la fin du AAA va réduire d'un tiers le marché de l'immobilier français
La perte par la France, vendredi soir, de sa signature AAA, a fait une première victime : le marché de l’immobilier. Depuis plusieurs semaines déjà, les taux d’intérêts français, et notamment celui de l’Obligation d’état à dix ans, l’OAT (3,1% ce lundi), ont augmenté en prévision de la décision de l’agence Standard & Poor’s. Or, c’est ce taux de l’OAT qui sert de référence aux prêts à taux fixe octroyés par les banques.
Conséquence : depuis quatre mois, les taux immobiliers ont déjà augmenté de 0,2 à 0,3 point, passant de 3,90 à environ 4,20%. Mais il faut s’attendre, avec cette dégradation de la France, à une nouvelle vague de hausse des taux, qui "pourraient s’apprécier, d’ici fin juin, de 50 points de base, soit des taux moyens autour de 4,70% sur 20 ans versus 4,20% aujourd’hui" explique par exemple Maël Bernier, porte-parole du courtier en crédit Empruntis. Entre ces 4,7% attendus en juin prochain et les 3,20% atteints en mars 2011 (le taux le plus bas de la décennie), les crédits auront donc subi une hausse de… 45%.
Disparition probable d’un tiers des acheteurs
Cela aura deux conséquences pour le marché de l’immobilier. La première, la plus importante, c’est la disparition d’un certain nombre d’acquéreurs potentiels. Déjà au cours de l’année passée, avec le passage des taux immobiliers de 3,20% à 4,20%, près de 20% des acheteurs potentiels avaient été exclus du marché de l’accession, car l’augmentation de la mensualité qu’avait entrainée cette hausse des taux les faisait dépasser la barre des 30% d’endettement exigés par les banques.
Une nouvelle hausse de 0,5 point des taux immobiliers, qui les porterait à 4,70%, en exclurait une dizaine de pourcents supplémentaires. Ce qui veut dire qu’en dix-huit mois, près d’un tiers des acheteurs potentiels d’un logement auront disparu du paysage. Cela nous amène à la seconde conséquence de cette perte du triple A : une réduction équivalente, c'est-à-dire d’un peu moins d’un tiers, du marché des transactions immobilières, qui passerait donc d’un peu moins d’un million de transactions (neuf, ancien, maisons individuelles) l’an dernier à moins de 700.000 cette année.
C’est d’ailleurs sur cette base d’une réduction d’un tiers que les promoteurs font actuellement leurs prévisions pour 2012 puisqu’ils s’attendent à passer de 100.000 ventes l’an dernier à environ 60 000 cette année…
Du coup, le volume des prêts aux particuliers, qui avait commencé à décélérer il y a quelques mois, pourrait carrément plonger. "Les montants de crédits accordés en 2012 devraient chuter de 16% par rapport à 2010 pour tomber aux alentours de 130 milliards, pas loin des 120 milliards de 2009" s’inquiète ainsi Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université de Paris-Ouest…
Le marché des transactions n’étant plus alimenté par un flot aussi important d’acheteurs, cela pourrait entraîner une accélération de l’ajustement des prix dans toutes les villes de province –environ deux sur trois- qui ont déjà connu une chute des prix de 3 à 6% l’an dernier.
Comment faire face à cette hausse des taux
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