sawaï a écrit:
Salut à tous,
Pour revenir sur la décision de la BCE d'accepter les bons grecs comme garantie de leur collatéraux à la suite de leur dépréciation par les agences de notation, j'ai bien compris que la BCE assouplissait là sa position, mais pour en saisir la portée, j'aurais besoin d'éclaircir quelques points:
Primo sur le principe de base du collatéral: corrigez moi si je me trompe, il s'agit d'un actif laissé en gage à la BCE par un "investisseur" en contrepartie d'un prêt de la BCE elle-même. Cette mise en gage n'empêche pas l'investisseur emprunteur de bénéficier des revenus tirés de cet actif (ici les intérêts payés par la Grèce).
Il s'agit d'un emprunt fait par une banque uniquemement (donc pas n'importe quel "investisseur"), et garanti par un actif. La plupart des bons de dette publique concernés n'ont pas de coupon (tu les achètes 10€ et on te rend 11€ 3 ans plus tard), donc la question des revenus ne se pose pas comme ça, mais ça doit revenir au même, les banques touchent bien les intérêts des collatéraux, qui sont supérieur à ceux de la BCE, donc font des profits avec ça. (la banque achète 100€ un titre de dette, emprunte 100€ auprès de la BCE, en le gageant, rembourse plus tard 101€ la BCE, récupère son titre, et touche 103€ à maturité
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Secundo sur les conditions déclenchant la récupération du collatéral par la BCE: s'agit-il du défaut de paiement pur et simple de l'investisseur? C'est à dire sa faillite? Ou bien une cessation de paiement volontaire enclenche-t-elle la récupération du collatéral par la BCE et l'effacement de la dette contractée par l'emprunteur, à l'image des ex-propriétaires américains stoppant le paiement de leurs traites immobilières?
C'est la BCE qui tient les comptes des banques, quand l'échéance est passée, le compte est débité, il ne peut y avoir de cessation de paiement volontaire. En cas de faillite, la BCE garde l'actif.
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Tertio sur les conséquences de la décision de la BCE dans la crise grecque: la portée de la décision de la BCE consiste uniquement à annuler l'effet catalyseur négatif qu'aurait été le rejet des bons grecs en tant que collatéraux suite à la dépréciation de leur note. Il ne s'agit pas (encore) de monétisation, dans le sens où le bon est toujours propriété de l'emprunteur. J'ai bon?
Il s'agit poursuivre la monétisation déjà en cours sur l'ensemble des titres de dette publique. La BCE crée bien temporairement de l'argent à chaque opération, c'était même le but initial : injecter des liquidités bancaires.