Oui et non; il ne faut pas oublier que les BB ont, de facto, récupéré le pouvoir très tot : Mai 68, puis, surtout, l'élection de Giscard représentent leur avènement, et ils ont tout leur temps pour imposer leurs choix et priorités. L'age des députés durant ces 40 dernières années est tout à fait éloquent de ce point de vue (reculé de 17 ans sur la période 1981-2007).
De plus, effectivement, ils sont entrés dans un monde dans lequel la génération précédente avait fait certains choix ... mais ces choix avaient été fait en fonction des circonstances du moment; ils avaient deux caractristiques :
1) Ils étaient mesurés : par exemple, la retraite prévue en 1945 était une retraite à 65 ans, à mettre en face d'une esperance de vie ne dépassant pas 66 ans (en 1950 : 63 ans pour les hommes et 69 pour les femmes).
http://www.irdes.fr/EspaceEnseignement/ ... EtOCDE.htm2) Ils étaient adaptés aux circonstances du moment : la croissance de l'époque rendait possible un système de protection sociale, d'autant que les revendications de la génération antérieure étaient plus que limitées.
Les conséquences de ces choix sont donc radicalement différents : avoir un système de retraite à 65 ans en 1945 dans une situation de plein emploi avec une espérance de vie de 66 ans n'a rien à voir avec un système de retraite à 60 ans dans un environnement de chomage de masse et une espérance de vie de 80 ans.
Ce qu'on peut aussi reprocher aux décisions qu'ont pris les BB, c'est précisément d'avoir refusé de s'adapter aux nouvelles circonstances en revendiquant un élargissement de ses protections et bénéfices sociaux, sans se préoccuper le moins du monde de savoir si les suivants, qu'ils chargeaient d'assumer leurs promesses, serait en situation de payer. Pire, il y a maintenant, chez beaucoup, un refus catégorique de prendre en compte le fait que ledit suivant est manifestement incapable de payer.
Pour terminer, je dirai que la génération 68 n'était pas du tout en première ligne sur la dégradation du climat social : la majorité de cette génération est née avant 1960 (et même plutot avant 1955), pour une entrée dans la vie active avant la fin des années 70 (et même plutot avant 1975) ... ils étaient donc déjà dans le système lorsque la crise est survenue et ont donc été largement (par rapport à ceux qui tentaient d'y rentrer) épargnés.
De surcroit, cette crise, jusqu'à la fin des années 80 était une crise assez relative, avec des niveaux de chomage qui, aujourd'hui, ferait réver (1 700 000 chomeurs en 1981, et, à l'époque, il n'y avait qu'une seule catégorie de chomeur).
Pour tout dire, le probleme est avant tout le refus (ou l'acceptation) de participer au rétablissement des équilibres financiers. Les réactions aux premieres suggestions d'aligement de la fiscalité des retraités sur celle des actifs donnent pour le moment une très mauvaise impression.